Lorsque le monstre sanguinaire dort....L'auberge aux oiseaux ne désemplit pas...
La nourriture n'y est pas extraordinaire mais en période de disette, on y trouve toujours un couvert et de quoi s'y remplir la panse...
Je suis un habitué de la maison... Il faut dire que cette aimable cantine siège en plein coeur de mon territoire...
Au fait, je ne me suis pas présenté.... Je m'appelle p'tit Julot... c'est moi là...

L'auberge est ouverte à qui veut , et loin d'être un club privé, elle accueille des habitués mais aussi des individus ou des groupes de passage.
Elle n'ouvre qu'une partie de l'année. De la mi novembre à la fin mars... La haute saison étant de décembre à février.
A l'auberge, je connais tout le monde ou presque , faut dire qu'il n'y a pas un jour sans que j'y passe une partie de ma journée... Et ne croyez surtout pas que ma couleur est liée à mon attirance pour ce comptoir... je ne bois que de l'eau...
Laissez moi vous présenter les coutumiers du lieu:
-Les premières à l'ouverture sont les mésanges bleues... Elles se pressent tout de suite au buffet mais elles ne mangent pas sur place. Elles choisissent leur graine préférée et s'envolent avec, sur un arbre proche, pour la déguster tranquille, avant de revenir en choisir une autre...Elles sont grassouillettes . Il faut dire, qu'elles mangent beaucoup pour se protéger du froid de l'hiver.
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Leurs soeurs ennemies sont les mésanges charbonnières... Qui jouent souvent les gros bras auprès des bleues...
Faut dire qu'à côté d'elles, elles ont un gabarit de déménageur.... Enfin, façon de parler, déménageur de mésange, c'est quand même pas énorme, mais tout de même ...
Elles le savent d'ailleurs et en jouent... quand elles arrivent autour de la table, elles savent se faire respecter et c'est rare que les autres ne leur laissent pas la place. Si ce n'est pas le cas ,elles les chassent à coup de bec... de vraies mégères celles là...
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Mais la famille "mésange" ne s'arrête pas là...
Tous les jours ,au petit matin , un petit couple timide et apeuré, terriblement vif et agité, vient prendre aussi sa part de gras et de graines. Elles sont inséparables , et se déplacent toujours à deux. Le moindre mouvement les fait fuir... Même moi , je n'ai jamais réussi à m'approcher d'elles.. Elles sont pourtant mignonnes... mais vraiment trop craintives!...
Ce sont les mésanges huppées...

Il y a aussi des" bandes" qui fréquentent l'établissement.... Plus ou moins fréquentables d'ailleurs...
La première est une bande de fofolles excentriques complètement excitées.... Les mésanges " à longues queues". Elles arrivent toujours par 6 ou 8 et volettent dans tous les sens, allant d'une table à l'autre sans cesse. Elles sont très mignonnes mais sont de caractère survolté...
Elles ne se mélangent pas... elles restent en clan.... et quand elles débarquent , elles ne restent jamais très longtemps : un encas vite grappillé de ci ,de là dans une confusion d'ailes , de becs et de queues , et les voilà reparties...Une sorte de petite tornade brève et agitée avant le retour au calme....

Une autre bande, mais de voyous celle-ci fréquente cet endroit de temps en temps....
Ils arrivent par 10 ou 12...un vrai gang..... ils font une descente, s'approprient toutes les tables, monopolisent le buffet, et chassent violemment quiconque veut s'en approcher....
Ils sont habillés de couleurs criardes qui font dire qu'ils sont beaux. Mais ils ne sont vraiment pas sympathiques...même moi, tit julot, je ne me sens pas rassuré quand ils sont là....
Quand ils sont sur la place ,ils s'incrustent et restent là de longues minutes, sûrs d'eux, et de leur bon droit, il leur arrive de vider la moitié des réserves en une seule visite...
Ce sont des "galavards" comme on dit...
Seul le monstre sanguinaire les fait décamper...Sinon , ils ne craignent pas grand monde...
C'est la bande des chardonnerets...

D'autres se font plus rares... mais régulièrement tout au long de l'hiver ,ils viennent se requinquer au comptoir de l'auberge....
Les serins cini sont de ceux ci, discrets, paisibles, toujours en couple aussi ceux là...

On ne voit s'attabler le rouge- queue que lorsqu'il n'a vraiment aucune autre solution et qu'il ne trouve vraiment plus une miette ni le moindre vermisseau à se mettre sous le bec dans la nature. Alors il nous fait l'honneur d'une visite , discrète et prompte..
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Et puis il y a les autres..... Ceux qui ne rentrent pas, ceux qui tournent autour, ceux qui préfèrent rester au sol pour manger...
Le pinson , le merle et la merlette , et la bergeronnette (qui ne se sont pas fait tirer le portrait)...
Et puis encore plus alentours et d'un tout autre gabarit , se nourrissant des glands du chêne ou des olives oubliées intentionnellement sur l'olivier , le gros geai occupe l'espace de son vol sonore et de sa voix éraillée...

Il y a encore..... la pie... mais elle n'est pas très appréciée ici, elle terrorise tout le monde (même le monstre sanguinaire ne fait pas le fier devant elle) et elle détruit les nids des plus petits d'entre nous.... de toutes façons elle ne vient pas à l'auberge.... elle y est personna non grata....
Nous avons par contre, la visite régulière et gentillette de nos amis les pigeons..... Mon dieu qu'ils sont chouchous ces deux là !.... ça n'est que mamours et compagnie . Eux aussi préfèrent picorer ce qui tombe au sol.... Ils sont trop mimis.....

Bon, ben, je crois que vous connaissez tout le monde maintenant.....
Je vais vous laisser, faut que je file...je suis déjà en repérage pour mon futur nid du printemps prochain....
Allez , à plus ! Et n'hésitez pas à donner l'adresse de la gargote à vos connaissances.... C'est un endroit accueillant et toujours ouvert en hiver....
Allez! Salut!







































