jeudi 6 mars 2008

Patchwork arlésien




mardi 4 mars 2008

C'est encore loin?...Chut! Rame!


C'est un soir à chocolat chaud... besoin d'un remontant...

Non pas à cause du froid du dehors, mais à cause du froid du dedans...

Un froid bercé par le vent de la lassitude... C'est un vent glacé qui enveloppe tout ce qu'il touche d'un drôle de sentiment... Comme une usure, un renoncement du genre: "Bon, ben, ce coup ci j'y arriverai pas..."

Une impression d'escalader une dune de sable avec peine, grimper quelques mètres et redégringoler à chaque fois tout en bas....

Au fur et à mesure, les forces diminuent, On finit par dire: " Tant pis, je reste en bas et j'attends que le vent emporte le sable un peu plus loin".

Je peux aussi comparer ça à un voilier que je connais par coeur et qui vogue bien d'habitude mais sur lequel, cette année, j'ai le mal de mer. Un sentiment bizarre d'être toujours en conflit, toujours aux aguets, toujours aux taquets, toujours à fond sans vraiment avancer.

Envie alors de tout lâcher, les écoutes, la barre, même la boussole, plonger et rentrer à la nage...

Découragement? oui, c'est bien ça, perte de courage... plus envie de me battre....

Mener la barque au port sans qu'elle coule reste le seul et unique objectif...

On ne sortira pas la grand voile, ni le spi, pour rendre la course plus intéressante...

La somme énorme d'énergie déployée simplement pour que les marins restent à leur poste m'a ôté le goût de la régate...

J'espère juste tenir le cap jusqu'au bout... sans avarie...

Bon, on disait? ... Ah oui , un chocolat chaud......

lundi 3 mars 2008

4 éléments

Dans un pays tout proche de moi, à la lisière du carnaval, j'ai rencontré le temps d'un couple d'heures, les figures de dame Nature....

Pour une fois je ne rêvais pas , elles étaient bien là en train de prendre pieds dans ce monde... Comme des enfants sortis du ventre de leur mère mais déjà capables de se mettre debout, à l'équilibre précaire et la démarche hésitante des premiers pas, mais portés par la joie et la fierté du travail bel et bien accompli....

Ils sont nés de l'imagination , de la création et des mains de 3 jeunes artistes talentueux de l'atelier "Fantasmagorie", pleins d'enthousiasme qui ont travaillé fort pour ce joli résultat...

Ces personnages m'ont fait de l'effet, il faut dire que depuis quelques semaines je suis de loin la fin de leur gestation () et que de les voir comme ça debout et en mouvement devant moi m'a impressionnée...

Je vous présente donc dans l'ordre d'apparition:

Messieurs...

La terre:




Le Feu:





Et puis Mesdemoiselles....


L'air:






et l'Eau:






Le cadre, modeste, ne nous permettait pas vraiment de les apprécier dans toute leur splendeur, mais je leur devine à tous les 4 , un joli succès sur le parcours de la parade du Carnaval de Marseille le 26 avril 2008...

vendredi 29 février 2008

La route du sel



Depuis les dunes de sables bosselant le bord de mer, des chemins rectilignes , cernant des eaux rosissantes m'ont conduite jusqu'aux dunes de sel....






Ce paysage des marais salants bâti par l'homme est monotone, mais là- bas en Camargue, la lumière s'accroche sur tout ce qu'elle rencontre , le miroir de l'eau, la rouille des moulins , les écluses corrodées, l'écume saline, le fond des vasières, les fleurs de cristaux , le bois des trappes rongé par l'eau salée, les montagnes de sel immaculées, et le rend plus beau....






L'homme travaille dans ce paysage et le sculpte, il construit des montagnes et puis il les déplace, il transporte des petits tas pour en faire des gros, et vice-versa comme un géant ferait des pâtés de sables....



Et la nature est toujours là, et ne semble pas en concurrence avec l'homme... mais simplement en association...





et ça me ravit....

Pour en savoir plus sur les salins du midi et la récolte du sel c'est ici.

jeudi 28 février 2008

La Camargue ou le bout du monde

Quand on arrive au bout du monde, vraiment au bout,
on peut s'asseoir sur le bord, les pieds dans le vide,
la tête dans les nuages,
et goûter l'air tiède et salé...


Ou alors on peut s'envoler....


lundi 25 février 2008

Rose comme...

Par une belle , très belle fin d'après-midi d'hiver, j'ai rencontré dans un pays de vent, de sable et d'eau, un être étrange , extraordinaire, qui vivait les pieds dans l'eau , au milieu des roseaux. Jusqu'à présent je n'en avais vu que de loin , en vol, loin des chemins, farouches à l'approche, mais là, c'était un face à face....

Il m'a laissé m'approcher doucement, j'ai apprécié sa tolérance, et avec une lente prudence, sur la berge de l'étang , je me suis installée. Là, j'ai ouvert grand mes mirettes et j'ai admiré, je me suis faite la plus discrète pour ne pas l'effaroucher....

Il me voyait de son oeil jaune, mais il m'a gentiment ignorée , et à continuer à vivre comme si de rien n'était...

Moi , j'étais à la fête, persuadée que la nature me faisait un énorme cadeau... A peine si j'osais respirer. J'avais devant moi un spectacle époustouflant, des couleurs incroyables, des scènes inouïes. J'étais au milieux d'eux,comme si je vivais avec eux. J'avais comme un passeport nature, ou une cape d'invisibilité.... comme si j'étais devenue l'espace d'un moment un grand oiseau perché sur des échasses.... couleur bonbon....

A certains moments , j'aurais presque pu les toucher, mais il ne m'en est même pas venue l'idée . Pourquoi troubler tant de beauté? De quel droit? je n'avais juste qu'à admirer.... et c'est ce que j'ai fait, silencieuse, interdite, comme si j'avais peur que le rêve s'évanouisse ...

Et jusqu'à ce que le soleil se couche, je me suis laisser mangée par les moustiques sans broncher, parce que j'étais assise au beau milieu d'une centaine de flamants roses, qui ont accepté la petite chose que je suis qui était toute ébahie....

Alors voilà, je partage avec vous ce petit rêve vrai, à travers les quelques clichés que j'ai fait lentement, sans geste brusque, sans mouvement superflu, un sourire béat aux lèvres...

Puissiez vous saisir l'exception de l'instant, la beauté du moment, la suspension du temps....