Tout tordu,
tout rapé,
tout nu,
un peu paumé,
souvenirs en bataille
dans sa tête de paille,
l'oeil fixe , un brin mélancolique,
il attend...
Il ne sait pas bien quoi.
Des bras pour le serrer?
Des caresses? Des baisers?
De tout ça , il n'a cure.
Lui, il voudrait donner.
Donner de sa personne
à un petit bonhomme.
Il peut encore le faire!
Etre le confident
le frère imaginaire,
qui écoute patiemment
de toutes ses oreilles
sans juger, sans médire,
misères et merveilles
de la vie d'un enfant,
c'est sa mission, son sacerdoce...
Mais il est vieux ,
il pique un peu,
et il sent un peu la poussière...
Qui voudrait d'un ours grand-père?...
Peut-être bien , en fin de compte,
qu'une enfant l'aura recueilli,
une enfant dans un corps d'adulte,
une grande enfant d'un autre temps,
qui certains jours, certaines nuits,
lui murmure des confidences,
sûre qu'en s'adressant à lui,
il n'y aura pas de sentence...




























