mercredi 9 janvier 2008

L'auberge aux oiseaux

Lorsque le monstre sanguinaire dort....


L'auberge aux oiseaux ne désemplit pas...


La nourriture n'y est pas extraordinaire mais en période de disette, on y trouve toujours un couvert et de quoi s'y remplir la panse...

Je suis un habitué de la maison... Il faut dire que cette aimable cantine siège en plein coeur de mon territoire...


Au fait, je ne me suis pas présenté.... Je m'appelle p'tit Julot... c'est moi là...





L'auberge est ouverte à qui veut , et loin d'être un club privé, elle accueille des habitués mais aussi des individus ou des groupes de passage.

Elle n'ouvre qu'une partie de l'année. De la mi novembre à la fin mars... La haute saison étant de décembre à février.

A l'auberge, je connais tout le monde ou presque , faut dire qu'il n'y a pas un jour sans que j'y passe une partie de ma journée... Et ne croyez surtout pas que ma couleur est liée à mon attirance pour ce comptoir... je ne bois que de l'eau...


Laissez moi vous présenter les coutumiers du lieu:

-Les premières à l'ouverture sont les mésanges bleues... Elles se pressent tout de suite au buffet mais elles ne mangent pas sur place. Elles choisissent leur graine préférée et s'envolent avec, sur un arbre proche, pour la déguster tranquille, avant de revenir en choisir une autre...Elles sont grassouillettes . Il faut dire, qu'elles mangent beaucoup pour se protéger du froid de l'hiver.


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Leurs soeurs ennemies sont les mésanges charbonnières... Qui jouent souvent les gros bras auprès des bleues...
Faut dire qu'à côté d'elles, elles ont un gabarit de déménageur.... Enfin, façon de parler, déménageur de mésange, c'est quand même pas énorme, mais tout de même ...
Elles le savent d'ailleurs et en jouent... quand elles arrivent autour de la table, elles savent se faire respecter et c'est rare que les autres ne leur laissent pas la place. Si ce n'est pas le cas ,elles les chassent à coup de bec... de vraies mégères celles là...

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Mais la famille "mésange" ne s'arrête pas là...


Tous les jours ,au petit matin , un petit couple timide et apeuré, terriblement vif et agité, vient prendre aussi sa part de gras et de graines. Elles sont inséparables , et se déplacent toujours à deux. Le moindre mouvement les fait fuir... Même moi , je n'ai jamais réussi à m'approcher d'elles.. Elles sont pourtant mignonnes... mais vraiment trop craintives!...
Ce sont les mésanges huppées...








Il y a aussi des" bandes" qui fréquentent l'établissement.... Plus ou moins fréquentables d'ailleurs...


La première est une bande de fofolles excentriques complètement excitées.... Les mésanges " à longues queues". Elles arrivent toujours par 6 ou 8 et volettent dans tous les sens, allant d'une table à l'autre sans cesse. Elles sont très mignonnes mais sont de caractère survolté...
Elles ne se mélangent pas... elles restent en clan.... et quand elles débarquent , elles ne restent jamais très longtemps : un encas vite grappillé de ci ,de là dans une confusion d'ailes , de becs et de queues , et les voilà reparties...Une sorte de petite tornade brève et agitée avant le retour au calme....





Une autre bande, mais de voyous celle-ci fréquente cet endroit de temps en temps....
Ils arrivent par 10 ou 12...un vrai gang..... ils font une descente, s'approprient toutes les tables, monopolisent le buffet, et chassent violemment quiconque veut s'en approcher....
Ils sont habillés de couleurs criardes qui font dire qu'ils sont beaux. Mais ils ne sont vraiment pas sympathiques...même moi, tit julot, je ne me sens pas rassuré quand ils sont là....
Quand ils sont sur la place ,ils s'incrustent et restent là de longues minutes, sûrs d'eux, et de leur bon droit, il leur arrive de vider la moitié des réserves en une seule visite...
Ce sont des "galavards" comme on dit...
Seul le monstre sanguinaire les fait décamper...Sinon , ils ne craignent pas grand monde...
C'est la bande des chardonnerets...







D'autres se font plus rares... mais régulièrement tout au long de l'hiver ,ils viennent se requinquer au comptoir de l'auberge....


Les serins cini sont de ceux ci, discrets, paisibles, toujours en couple aussi ceux là...









On ne voit s'attabler le rouge- queue que lorsqu'il n'a vraiment aucune autre solution et qu'il ne trouve vraiment plus une miette ni le moindre vermisseau à se mettre sous le bec dans la nature. Alors il nous fait l'honneur d'une visite , discrète et prompte..








Et puis il y a les autres..... Ceux qui ne rentrent pas, ceux qui tournent autour, ceux qui préfèrent rester au sol pour manger...
Le pinson , le merle et la merlette , et la bergeronnette (qui ne se sont pas fait tirer le portrait)...

Et puis encore plus alentours et d'un tout autre gabarit , se nourrissant des glands du chêne ou des olives oubliées intentionnellement sur l'olivier , le gros geai occupe l'espace de son vol sonore et de sa voix éraillée...









Il y a encore..... la pie... mais elle n'est pas très appréciée ici, elle terrorise tout le monde (même le monstre sanguinaire ne fait pas le fier devant elle) et elle détruit les nids des plus petits d'entre nous.... de toutes façons elle ne vient pas à l'auberge.... elle y est personna non grata....


Nous avons par contre, la visite régulière et gentillette de nos amis les pigeons..... Mon dieu qu'ils sont chouchous ces deux là !.... ça n'est que mamours et compagnie . Eux aussi préfèrent picorer ce qui tombe au sol.... Ils sont trop mimis.....






Bon, ben, je crois que vous connaissez tout le monde maintenant.....

Je vais vous laisser, faut que je file...je suis déjà en repérage pour mon futur nid du printemps prochain....

Allez , à plus ! Et n'hésitez pas à donner l'adresse de la gargote à vos connaissances.... C'est un endroit accueillant et toujours ouvert en hiver....

Allez! Salut!

vendredi 4 janvier 2008

Mer en colère



Un chemin de pierres blanches s'escarpe au flanc de la colline qui plonge dans la mer



Le ciel est tourmenté de gris, voluté de nuages chargés d'eau, percé de temps en temps par un rai de lumière.
L'air est froid et cinglant. Le vent d' Est est en colère et souffle force 10.
A l'abri du rocher , la mer est presque calme, parcourues de risées qui lui arrachent des embruns par gerbes mais au large elle est blanche d'écume et de moutons féroces...



Tapis au creux des pierres, les végétaux s'accrochent à ce sol ingrat et déploient malgré tout leurs couleurs au milieu des éléments déchaînés. Pas de doute , on est bien en hiver...



Le vent d'Est est en furie, de ses doigts crochus il resserre les écharpes et calfeutre les blousons.



Il a mis la mer en colère .
Elle se creuse, fait le dos rond, explose sur la côte rocheuse en paquets d'eau mousseuse.





Au loin derrière nous , Marseille la belle, bien à l'abri au fond de sa rade, joue à cache-soleil avec ses îles ,Frioul et If, sous un toboggan à anges.



Sur le sentier côtier, on tient à peine debout dans les rafales. Il faut lutter pour avancer contre le vent dément. Il nous aveugle de sel, et nous fait suffoquer en violant nos poumons .




Mais le combat vaut la peine.
Une fois passé le cap sud , le cap Croisette, on contemple le grand spectacle de la tempête.
Après avoir trouvé un rocher accueillant pour se caler et ne pas s'envoler, on peut , dans le bruit fracassant du Leventas, admirer le grand spectacle de la nature en furie...

Les îles de la pointe sud: Maïre, Tiboulen, Jarre, Jarron, Plane , Calseraigne et Riou sont vaillantes et résistent aux assauts déchaînés, jouant avec la lumière et les flots, sur fond de ciel sombre et impétueux.



Le soleil n'est jamais loin ici, et il tente de percer la carapace tourmentée des nuages, il y parvient par ci, par là et lance au large des coups de projecteurs qui tâchent de lumière les eaux grises et bleues ébouriffées d'écume...



Les joues piquent, les oreilles font mal, les doigts sont glacés même au fond des poches mais on reste là ,hypnotisé par le spectacle...



On y restera jusqu'à ce qu'on ne puisse plus résister et après un dernier regard vers l'est sur le bec de l'aigle au loin qui défie les chevaux d' Eole, on fera demi tour, et le vent nous poussera dans le dos sur le petit chemin de pierres, jusqu'à ce qu'on retrouve le refuge de la voiture garée à l'abri de Callelongue...




Arrivée chez moi, je m'affalerai devant un bon feu de cheminée, saoule d'air salé et de mer, les joues en feu, et le regard dans le vide, encore troublée par la beauté de la mer en folie furieuse...

Et dans le fond de ma poche, je sentirai dans le creux de ma main, des petits bouts tangibles de ma balade, ramassés contre le vent, qui me convaincront que je n'ai pas rêvé...


Le 3 janvier 2008...

jeudi 3 janvier 2008

Mer calme



Un chemin de pierres blanches s'escarpe au flanc de la colline qui plonge dans la mer.


Le ciel est d'azur, limpide, la lumière est éclatante . Il flotte dans l'air des fragrances fortes, presque entêtantes.Les pins emplissent l'atmosphère de leur essence volatile mélangée par moment à celle des romarins.




Le long du chemin, dans ce sol minéral si pauvre en terre et en eau, éclate des bouquets de fleurs surréalistes en ce début d'hiver: Alysses odorants, romarins bleu ou blanc, globulaires en pompons, bruyères à fleurs nombreuses, font douter de la saison...





Le soleil rit à pleines dents et de ses rayons dénoue les écharpes et ouvre les blousons ...


Au loin la falaise ocre de Cassis tombe droit dans la mer étale...




La mer...
Elle est magnifique, miroitante, translucide sur les galets des criques, vert turquoise au coeur de la calanque, et bleu profond à l'à-pic des barres de roche...




Elle brille, elle est immense, si forte et imposante sous son calme apparant.





Elle est là , incroyablement belle et impressionnante, majestueuse, royale, indiscutable...





Et quand on arrive au bout du petit chemin de pierres , on peut s'asseoir sur les grandes dalles de calcaire blanches devant l'immensité de la mer bleue étincelante,










et là ... la laisser entrer en nous,
et ainsi admirer le spectacle éblouissant...







....écouter la musique douce et répétitive des vagues, sentir le parfum de la mer concurrencer celui des pins, goûter sur ses lèvres le sel simplement déposé par l'air marin, sentir sous ses doigts la pierre douce ou rugueuse, parfois coupante sculptée par la mer et le vent.







Toutes ces merveilles vous imprègnent de leur force, de leur grâce, de leur subtilité, de leur beauté.

Elles trouvent , ici , directement le chemin de votre coeur et rechargent magiquement vos batteries d'énergie en vous ressourçant subitement.






Lorsque les réserves sont pleines , vous pouvez reprendre le petit chemin de pierres blanches en sens inverse. Vous pouvez retournez jusque chez vous, votre espace intérieur est alors impressionné durablement par toutes ces sensations.





Il suffira de fermer les yeux pour les retrouver...




Le 27 décembre 2007...

mercredi 2 janvier 2008

Hold-up de nouvelle année

Quatre jours... kidnappée, enlevée pendant quatre jours, le croyez vous?

Pourtant c'est vrai....

Me voilà de retour....la maison est toujours à sa place...quelle chance...

La boîte aux lettres est pleine... de surprises aussi...

La maison n'a pas bougé, elle s'est reposée, mais derrière l'écran de mon ordi ,tout plein de choses se sont passées...

Ah c'est vrai , depuis on a changé d'année....

2008, mince....déjà!.... 1988..2008...Filsatilu n°1 va donc vraiment avoir vingt ans cette année?... mince.....

Et puis ce matin, je voulais petit-déjeuner....

Un bon mug de thé.....

La maison n'a pas bougé...elle se repose après toute l'agitation rencontrée...

Un tour dans le cellier.. un thé... la maison n'a pas bougé... le thé devrait être à sa place....

Quel thé ce matin?....

Thé au caramel? allez , va pour le caramel.... Ho! .. la boîte est vide...
Bon alors... heu...Orange cannelle, oui c'est bien orange cannelle , c'est de saison.... mais ho! Zut alors, la boîte est vide...

Quand je suis partie, quand je me suis faite happée ,il y a 4 jours , j'avais encore tout ça... La maison n'a pas bougé.... pourtant...j'en suis sure....et Filsatilu ne boit pas de thé......

Essayons thé aux fruits rouges alors...d'habitude c'est plutôt pour 10 heures çui-là ou au goûter.... mais bon , ça ira aujourd'hui pour le tit dèj..

La boîte est vide!!!!! elle aussi.... Impossible...quel est ce mystère?...

Thé fruits des bois?... vide

Thé au jasmin?.... vide

Earl grey? ...vide (pourtant je n'en bois jamais de celui-là, il est là pour les invités, pour ceux qui n'aiment pas les thés parfumés...)

Et dans mes boites à thé alors?...au diable les sachets! Nous allons nous faire un thé de " la maison du thé"... j'attrape la boule.....

Thé "couleur chocolat".... plus rien au fond du paquet...

Thé "Le jardin de Colette" ..... plus une feuille .....

Bon, vais je sortir mon thé blanc?..... allez , pour la nouvelle année.... ??.... le paquet a disparu....



Je reste donc là....avec mon envie de thé...... sans thé.....

La maison n'a pas bougé.... tout est en place......

Mais il manque pourtant quelque chose dans ma maison désormais....
Mon thé du matin, mon matutinal tea.... ma dose de théine quotidienne.... 2007 était l'année du thé.... dans ma maison...



Rien n'a bougé.... rien n'a changé....

Mais tout a changé.... surtout ce matin...à l'heure du petit déjeuner....









Je vous souhaite à tous une année 2008 excellente, pleine de grands et de petits bonheurs, de joies , de projets intéressants, de rencontres enrichissantes, d'amour, d'envies de faire et de possibilités pour les satisfaire, et planant au dessus de tout ça: une santé de fer.... d'inox même....

Je vous embrasse toutes et tous......



BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2008 !