lundi 30 août 2010
La porte bleue
Il y avait sous le verrou , à la hauteur de son oeil quand elle était accroupie, un petit trou qu'elle avait fait en faisant sauter un noeud du bois puis qu'elle avait agrandi à force de gratouiller autour avec son doigt. Par là ,par ce petit orifice ,elle avait une vue sur le monde , sur ce monde qui lui faisait tant envie. Elle finissait par y passer tout son temps libre , là, à se poser des questions sur cette vie qu'elle voyait au dehors , cette vie qu'elle aimait observer, sentir , écouter...
Elle n'y était pas dans ce monde, puisqu'elle l'observait ,cachée, mais elle enviait ceux qui s'y mouvaient. Oserait-elle un jour, affronter ses peurs et forcer la lourde porte bleue pour sortir au grand jour, et vivre enfin comme elle le rêvait depuis quelques temps? Etait-elle assez solide pour ça? Pas seulement pour affronter ce monde qu'elle ne connaissait pas en fin de compte, mais aussi pour abandonner celui qu'elle connaissait si bien derrière la porte au verrou, en sachant qu'elle ne pourrait plus y revenir... jamais... si elle faisait le pas... Etait-elle sure qu'elle serait bien dehors, qu'elle ne serait pas déçue ?...
Déçue, elle ne le supporterait pas , elle avait tellement rêvé de ce monde , se l'était imaginé si beau d'après ce qu'elle en voyait, ce qu'elle entendait, ce qu'elle en sentait par ce petit trou ridicule...
Il était vraiment tout petit ce trou... Pouvait-on vraiment se faire une idée vraie à travers un si petit espace? Elle en était le plus souvent intimement convaincue et puis d'autres fois parcourue par le doute.
Mais ce qui lui faisait le plus peur et la retenait plus que tout c'était ce qu'elle allait laisser... Elle ne voulait faire de mal à personne, c'est pour ça qu'au final, elle restait là, accroupie derrière sa porte à rêver à ce monde l'oeil rivé dans ce viseur plutôt que d'aller à sa rencontre....
dimanche 26 avril 2009
La toilette au lac...
Plus tard elles iront se poudrer le nez au pollen des asphodèles, mais pas trop...
jeudi 12 février 2009
Entre deux portes, une histoire de lapins...
Suite à une phrase publiée par Janeczka, là, et au commentaire que je lui ai laissé, notre fée Trotinette m'a demandé de lui raconter une histoire.... Alors voilà, comme il n'y a pas besoin de trop me pousser quand on me demande ce genre de chose, la voici...
vendredi 12 septembre 2008
Titivillus
Il est assis derrière votre pot à crayons, ou alors il fait la sieste dans votre plumier, à moins qu'il ne soit en train de jouer avec les cartouches d'encres dans le vide-poche ou bien qu'il s'amuse à tordre les trombones dans le fond de votre tiroir de bureau... Vous ne le voyez pas, mais il est là. Il vous épie, il vous observe, et il calcule déjà la prochaine farce qu'il va vous faire ou le vilain coup qu'il va vous jouer....
Qui ça?.... hé bien ! Ce diablotin de Titivillus pardi!
Ne me dites pas qu'il ne vous est jamais arrivé de chercher pendant de longues minutes le crayon que vous veniez de poser là, il n'y a pas trois secondes....
Ne me dites pas que votre stylo plume n'est jamais tombé en panne d'encre au mauvais moment , en pleine prise de notes par exemple ou en plein examen (encore mieux) alors que vous étiez sûr d'avoir changé la cartouche la veille...
Ne me dites pas que vous n'avez jamais retrouver votre règle cassée au fond de votre cartable...
Ne me dites pas qu'il ne vous est jamais arrivé de retrouver encore des fautes dans votre texte alors que vous l'aviez corrigé et relu au moins trois fois auparavant....
Et que dire de la mine de crayon qui casse dans le taille crayon et qui y reste coincée, de la gomme qui fait un trou dans la feuille, et de l'encre qui réapparaît alors que l'on a passé l'effaceur dessus la semaine d'avant, du feutre qui s'ouvre dans la trousse et la décore d'une immonde tâche énorme et indélébile, du stylo bille qui se met à faire des pâtés bien gras et baveux , du compas qui s'est glissé entre le bureau et le mur et qu'on retrouve après en avoir racheté un autre parce qu'on l'avait cru perdu, du bâton de colle qui ne veut plus sortir de son tube et qui tourne dans le vide, ....
Cela vous rappelle des souvenirs? j'en étais sûre...
C'est donc que vous avez croisé Titivillus ....
Titivillus est très vieux puisqu'il est né au moyen âge, mais il est resté très jeune d'esprit et a su évoluer avec les siècles, je m'explique:
Au tout début de son existence, ce petit démon était chargé de surveiller le travail des moines dans le scriptorium.... Il observait tout, lisait tout, contrôlait tout ce qui était produit par les copistes en matière d'écrit , de calligraphie et d'enluminure, et dès qu'il apercevait une erreur, il la récoltait, la mettait dans son sac et l'emportait en enfer où des registres d'erreurs et de fautes étaient tenus par le diable , registres qui seraient énoncés lors du jugement dernier.... Titivillus était là et rappelait aux moines qu'il ne fallait pas faillir dans l'attention portée à son travail et qu'il valait mieux éviter de s'endormir sur son manuscrit si l'on ne voulait pas se retrouver en enfer au bout du compte....
Les moines eurent si peur de ce diablotin de Titivillus que l'on put observer de très nettes améliorations dans la qualité des productions des scriptoria à cette époque, tant et si bien qu'à la fin du XVe siècle, ce satané Titivillus se retrouva à errer autour des écritoires sans plus trouver grand chose à enfourner dans son sac....
Mais son grand Patron, ne voyait pas les choses de cette manière et voulait absolument que la récolte de son valet cornu soit importante et que ses bénéfices de baissent pas.... Il lui intima donc l'ordre de travailler plus pour gagner plus , avec ce sourire satirique qui en disait long sur le sort du Titi s'il ne remplissait pas sa mission.
Comme le Titivillus avait oublié d'être bête, il se dit donc, puisqu'il n'y avait pas moyen de trouver des erreurs dans les manuscrits parfaits de ces moinillons,qu'il n'avait plus qu'à faire en sortes qu'ils en fassent... Et voilà comment ce lutin diabolique se mit à compliquer terriblement la tâche des calligraphes en leur cachant leurs outils , en faisant sécher trop vite ou pas assez leurs peintures, en cassant leurs plumes, en écornant leurs pages, en mélangeant leurs copies, en renversant leurs encriers, en rajoutant des lettres par-ci, en en ôtant par là, allant même jusqu'à les mélanger de temps en temps, j'en passe et des meilleures..... Il créait ainsi le trouble dans les ateliers et pouvait de nouveau faire bonne récolte...
Depuis , l'écriture n'est plus destinée uniquement aux moines, et les techniques de reproduction de celle-ci se sont modernisées et diversifiées, mais Titivillus est toujours là ,aux aguets, que ce soit dans la trousse des écoliers, ou dans les imprimeries des grandes maisons d'éditions, ou dans les machines à écrire des secrétaires, ou même dans votre ordinateur... Ce lutin malin et malicieux prend plaisir à vous jouer des tours....
Alors ne vous désolez plus devant vos fautes d'orthographes à répétition, ou à votre incapacité à remettre la main sur vos affaires, ne vous énervez plus après vous quand vous avez oublié d'enregistrer un texte que vous avez mis deux heures à créer et à taper sur votre word adoré et dont vous étiez si fier mais que vous avez oublié d'enregistrer avant que la coupure de courant vienne tout balayer sans espoir de retour.... n'ayez pas de regrets.... ce n'est pas votre faute....
C'EST LA FAUTE AU TITIVILLUS!!!!!!!!
D'après moi, griffonné vite fait, il doit ressembler un peu à ça....
mardi 20 mai 2008
L'ai-je fée?
Ce dimanche matin, dans le grand pré qui s'ouvre devant la maison des amis chez qui j'étais en visite, fidèle à mes habitudes, je suis allée faire quelques clichés de la flore , si belle et offerte à cette période de l'année.
Après avoir pris quelques photos, je me suis allongée dans la prairie, face au ciel bleu profond, le dos dans la moiteur fraiche, au milieu de ce brouillon de couleurs de fleurs des champs. Dans l'air flottait des parfums de verdure, menthe poivrée, fenouil sauvage, herbe foulée... J'étais bien... j'ai fermé les yeux pour goûter ce moment et regarder le soleil à travers mes paupières....
Au bout de quelques secondes, j'ai entendu un son continu, fin, très aigu, .... mais aussi très énergique... Je n'ai d'abord pas très bien compris ce que c'était , au début, je pensais à un vol d'insecte , vous savez ce bruit que font les moustiques quand ils vous tournent autour la nuit... Et puis petit à petit, j'ai commencé à percevoir des mots au milieu de cette petite alarme .... et puis soudain ce fut plus net, on aurait dit une voix, une toute petite , toute petite voix mi agacée, mi rieuse, qui parlait, qui me parlait ....
Mon prénom n'est pas Jeanne et je ne suis pas bergère, j'étais donc très amusée par le phénomène qui me faisait interpréter le vol d'un insecte comme des mots et des phrases qui prenaient sens....
Que disait cette voix? ...Elle avait l'air un peu en colère... elle me parlait de travail gâché, de repassage à refaire, de chapeaux fragiles, de centaines d'heures de haute couture... de sans gêne, d'irrespect du travail d'autrui.... C'était drôle d'entendre tout ça dans le vol d'un moustique... Jusqu'au moment où j'entendis cette phrase clairement énoncée:
-ET TU POURRAIS OUVRIR LES YEUX ET ME REGARDER QUAND JE TE PARLE!
J'ai donc ouvert un oeil, incrédule... puis deux.... J'ai redressé un peu la tête , grimaçant, éblouie par la clarté du soleil de midi... et j'ai tourné la tête vers la droite dans la direction d'où venait ce murmure colérique...
Quand j'ai eu passé ma main sur mes yeux, et que ma vue s'est adaptée à cette lumière éblouissante, j'ai aperçu quelquechose qui m'a laissée interdite....
Perchée sur mon appareil photo que j'avais posé à côté de moi dans l'herbe, se tenait , les bras croisés et le sourcil froncé une drôle de petite créature toute fine, qui paraissait d'une fragilité extrême mais qui en même temps dégageait une force incroyable... Cette toute petite personne, haute comme mon pouce était vétue d'une tunique rose pâle, froncée à la taille , ses jambes étaient de couleur verte sans que j'ai l'impression qu'elle porte un collant. elle était coiffée , retourné sur sa tête, d'un grand liseron rose de Provence en guise de bonnet, et du creux de ses omoplates partaient deux grandes ailes diaphanes et nervurées...
- Eh bien c'est pas trop tôt! enfin une ébauche de réaction, tu es sourde ou quoi?!
Cette petite chose parlait.... Ce petit insecte à forme humaine s'adressait à moi en bon français !Et je n'ai su quoi lui répondre. Je devais avoir un air ahuri et crétin, les yeux en soucoupe à café, et la bouche bée...
La petite chose dut me prendre pour la benête du coin parce qu'elle continua plus calmement en articulant bien, comme si elle parlait à une personne un peu simple d'esprit...
- Oui , tu vois ..tu viens de t'allonger sur notre usine à chapeaux.... tu comprends cha-peaux? Et tu es en train de tous les écraser? C'est beaucoup de travail pour nous tu sais?
Je jetais alors un coup d"oeil circulaire autour de moi...Je m'étais en effet étendue sur un parterre de liserons sauvages comme on en voit au printemps par ici fleurir dans les prairies sèches ou sur les talus de bord de chemin.
D'un bond je fus sur mes pieds, si j'avais pu me percher sur un tabouret pour ne plus toucher le sol et risquer d'écraser tous ces minuscules couvre-chefs je l'aurais fait...
- Merci! c'est gentil ,m'a alors lancé la petite chose rose et ailée avec un salut de la main, je vais voir comment je peux réparer les dégats!
Et en un clin d'oeil, elle prit son envol et disparut dans un rayon de soleil...
Je n'avais pas dit un mot.... il faut dire que je n'ai encore jamais discuté de ma vie ni avec une libellule ni avec un liseron, et cette petite chose ressemblait un peu au mélange des deux... Et puis je ne suis pas folle quand même... Les fées, ça n'existe pas...
N'empêche que depuis dimanche j'ai du mal à marcher au milieu du petit bout de prairie de mon jardin, autrement que sur la pointe des pieds.... Imaginez un peu toutes les robes en feuilles de pissenlit, et tous les corsages en corolle de coquelicot, et tous les bonnets en fleur de dames d'onze heures, que je risque de froisser en les piétinant...
Ce serait dommage ,tout ce travail gaspillé....
Je n'ai pas pu prendre la petite créature en photo puisqu'elle se tenait juste sur mon appareil ,alors je l'ai croquée rapidement avant que son image disparaisse aussi de mon esprit..
vendredi 2 mai 2008
Angelo, épisode 3
Voici le dernier épisode d'Angelo (pour l'instant).
Inspiré par le printemps....
Pour commencer l'histoire un petit clic sur l'ourson... (durée : 13 mn)
samedi 26 avril 2008
samedi 19 avril 2008
Le jardin de Ptit Louis
Ptit Louis a 8 ans , il est blond comme les blés, ses yeux sont clairs comme l'eau du torrent, ses jeux sont sages autant que ses rêves sont immenses...
Ptit Louis , au fond du jardin, s'est glissé à travers la haie de troènes et a disparu ...
Il a découvert cette brèche dans les taillis il y a juste un mois alors qu'il poursuivait un rouge-gorge qui sautillait devant lui, comme pour lui montrer le chemin...

Il y a une très grande maison dans ce pays étrange, une si grande maison que Ptit Louis pense que c'est un château... Et cette grande maison dort... elle dort sur des coussins, des coussins de buis vert tendre, ça a l'air confortable, il y a des centaines de coussins juxtaposés. Ils sont doux, Ptit louis les caresse de sa main quand il passe au milieu d'eux, il aimerait quelquefois se rouler dedans, mais il est trop petit et bien trop sage...

De là, il peut tout observer, sans rien déranger: La mésange qui nourrit ses petits, le lézard gris qui traîne au soleil, le poisson rouge qui compte les bulles au fond des fontaines, le faucon pèlerin qui construit son nid dans la falaise... Ptit Louis a même trouvé un endroit douillet, caché des regards indiscrets, où peut-être, un jour, il pourrait emmener Julie et où il oserait lui rendre le baiser qu'elle lui a déposé sur la joue l'autre jour à la récré et qui lui a pétrifié le corps tout en lui faisant bondir le coeur...
jeudi 3 avril 2008
Angelo ,épisode 2
Le deuxième épisode d'Angelo a été fait à la demande des enfants qui avaient vu et aimé le premier .... C'était la période de Noël donc évidemment l'histoire s'est trouvée orientée dans ce sens....
Pour l'heure, ça n'est pas trop de saison mais je ne pouvais pas vous montrer le numéro 3 sans que vous ayez vu celui-là avant...
Durée : 12 mn
alors c'est parti pour : "Le Noël d'Angelo"
dimanche 30 mars 2008
Angelo dans la forêt
Comme tout premier épisode, il est plein de défauts, rien de tel que l’expérience pour se perfectionner...
Je l'ai écrit au départ pour ma classe à l'automne 2006, pour introduire le thème....
Malheureusement , les sites de mise en ligne de vidéos réduisent énormément les fichiers au moment du transfert et la qualité des photos en prend un coup, mes photos paraissent floues parce que les fichiers sont très allégés et donc ça pixelise.... L'original est net bien sûr....
Durée 9 mn
Un petit click ICI ... et c'est parti...
vendredi 28 mars 2008
Un ange à moi
Je ne savais pas si je pouvais... si ça avait un intêrêt pour vous, si j'allais oser...
Faut dire... qu'il est vraiment une partie de moi.... de ma vie plus exactement.... Je l'aime ....
Pas comme mes enfants bien sûr ... mais un peu tout de même d'une certaine façon.... c'est un peu mon enfant aussi....
Je vais essayer de vous le décrire...
Il est petit et mignon.... Il est débrouillard, obstiné parfois , mais tendre et rêveur... Il est curieux et inventif... Il est chaleureux et...un peu amoureux, je crois...
Il est blond, comme le miel dont il est friand.... Il a des yeux bruns et expressifs, un gros nez rond, et deux belles oreilles poilues...
Je dis que c'est un peu mon enfant parce que c'est moi qui lui ai donné la vie...
Quelqu'un que j'aime me l'a offert et quand j'ai ouvert la boîte, j'ai su au premier coup d'oeil qu'il allait se passer des choses entre lui et moi....
Au début je ne savais pas trop quoi, et puis, petit à petit, j'ai vu en lui un personnage tellement attachant et expressif, qu'il s'est mis à vivre dans mon esprit....
Alors j'ai fait en sortes qu'il vive en vrai.... Enfin, en vrai... dans les yeux et le coeur des enfants qui m'entourent d'abord, parce je suis sûre que les enfants le voient comme moi...
Et puis je me suis aperçue qu'il touchait aussi, à travers la vie que je lui donnais, les adultes autour de moi... Mais c'est pour les enfants que j'ai continué à le faire vivre... et pour moi aussi un peu quand même...
Je lui ai créé plusieurs aventures dont il est le héros, et je l'ai mis en scène... Les enfants l'adorent autant que moi, et en redemandent.... alors je continue.... j'aime ça, au point que si je m'écoutais ,je ne ferais plus que ça... Mais créer une de ses aventures est un vrai travail très long et je n'ai guère de temps à lui consacrer complètement....
Je ne vous ai pas dit son nom... Il s'appelle Angelo... C'est un ours... mais ça vous l'aviez deviné... et puis certains d'entre vous le connaissent déjà...
Voilà son portrait...
Si ça vous dit , je pourrais essayer de vous montrer une de ces aventures....












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