Il y a des jours... J'aimerais être mon chat...
mercredi 26 novembre 2008
vendredi 21 novembre 2008
La chambre noire
Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours connu mon père avec, soit une caméra, soit un appareil photo dans les mains. En vacances ou en sortie, il passait un certain temps à nous fixer, ma mère, mes frères , ma soeur et moi sur la pellicule.

Mes parents s'étaient installés dans le sud quelques années avant ma naissance alors que tout le reste de la famille vivait en terre picarde, frères et soeurs , parents de mes parents. Nous ne retournions les voir qu'une fois par an et la multitude de photos que faisaient mon père, permettait à mes grands parents si lointains d'observer l'évolution de leurs petits enfants et de partager quelques évènements qui faisaient leur vie.


Mon père développait et tirait ses photos lui-même. Certains jours,( lorsque le nombre de pellicules pleines devenait trop important, je suppose,) il transformait une des chambres de la maison en laboratoire et s'enfermait avec ses garçons pendant un après-midi , pour une cérémonie secrète d'où ils ressortaient avec des dizaines de photos noir et blanc qui racontaient notre vie...
Depuis quelques temps ma soeur ,de 4 ans mon aînée, était autorisée à participer à l'évènement, je restais donc la seule, derrière la porte mystérieuse à attendre le résultat de la séance sans pouvoir comprendre ce qu'il s'y passait vraiment, et ma curiosité en était d'autant plus aiguisée. Mais jusqu'à présent ,on m'avait dit : "Non, tu es trop petite, quand tu seras plus grande tu viendras"....
Et puis voilà que ce jour là, quand j'avais vu mon père fermer les volets de la chambre de mon frère, calfeutrer complètement les fenêtres avec des couvertures, installer tout le matériel et la lumière rouge dans cette pièce devenue hermétiquement noire, et que j'avais demandé encore une fois (on ne sait jamais) si je pourrais venir voir, il m'avait répondu :
" Oui, à condition que tu ne demandes pas à sortir dans cinq minutes, si tu viens avec nous ,tu restes jusqu'au bout"
Il n'y avait pas de risque que je veuille sortir , ça non, depuis que j'attendais ça....
Alors , la cérémonie a commencé .
Quand je suis entrée dans la chambre et qu'on a refermé la porte derrière moi, il y avait cette odeur qui flottait dans l'air, un peu acide, un peu âcre, mais pas désagréable qui s'échappait de bacs posés côte à côte sur une table , si mes souvenirs sont exacts il devait y'en avoir 4. Mon père et mes grands frères m'ont prévenue tout de suite que le premier et le troisième contenait des produits toxiques et qu'il ne fallait pas y mettre les doigts....
De l'autre côté de la pièce , il y avait accroché au mur un agrandisseur que mon père avait fabriqué lui même avec un vieil appareil photo . Il était monté sur un châssis articulé en bois qui permettait de le faire monter et descendre dans un grincement singulier.
Chacun avait son poste, moi, j'écoutais et j'observais en essayant de ne pas gêner dans le petit espace où nous étions quand même cinq...
Mon père était à l'agrandisseur avec un de mes frères , l' autre était prêt à plonger l'épreuve dans le premier bac de révélateur puis dans un bac d'eau puis ma soeur s'occupait d'immerger la photo dans le fixateur et de le transférer dans le dernier bac de rinçage.
Je suivais la photo des yeux, depuis la projection du négatif sur le papier sous la lumière vive tandis qu'on comptait les secondes, jusqu' au moment où dans le bac , je voyais apparaître l'image, tout doucement... Ce moment là était le plus magique, à chaque photo ça me faisait le même effet, les yeux écarquillés dans le noir, à guetter l'apparition de l'image avec le coeur qui battait un peu plus fort...
C'est dans cet endroit que j'ai sans doute entendu pour la première fois de ma vie, parler de "cadrage", " d'exposition, surexposition, sous exposition", de "net et de flou", de " profondeur de champ", de "contraste".
C'est sûrement là aussi que j'ai pris goût à la magie de la photo, au plaisir de saisir l'instant et de le rendre.... Merci Papa!
Cette séance initiatique ne s'est malheureusement pas renouvelée souvent, puisque que le règne de la photo couleur et des grands labos de tirage par correspondance n'a pas tardé à remplacer le noir et blanc et le tirage artisanal familial au milieu des années 70. Mais la graine du goût pour la photo était semée en moi, et fut entretenue par mon père qui, dès mes 9 ans, m'offrait un petit instamatic, et dès mes 18 ans, un reflex .... Merci Papounet!
Depuis que le numérique a tué l'argentique et que nous sommes , mes frères et soeur , devenus photographes amateurs, mon père n'a plus touché son appareil, quand on lui demande pourquoi, il répond: "A quoi bon? Vous en prenez tous des quantités de belles maintenant"....
Certes, la flamme est transmise, mais... dommage... j'aimais bien les photos de mon papa....
mercredi 19 novembre 2008
lundi 17 novembre 2008
Salut
Ce lundi matin il n'était plus là.... Le beau week-end ne nous l'a pas rendu.... Rien ne sert de l'attendre, de guetter son fourgon sur le parking de l'école, on ne le verra plus...
Vendredi, il m'a salué, comme ça , de loin, un signe de la main....
Ce matin, il faisait lourd. Ce lundi matin sonnait vide , plein de chagrin et de colère. Les regards embués se croisaient et n'y croyaient pas...
Les enfants étaient pétrifiés , ses élèves en pleurs....... incompréhension ....
Vendredi , la main en l'air , il m'a souhaité bon week-end, en quittant l'école...
Psychologue, inspectrice, maire.... Tous ces gens dans la grande salle, ont annoncé... aux enfants... Les collègues savaient déjà depuis tôt le matin... Les yeux se sont écarquillés, ou alors se sont fermés très fort, avant de déborder....
Vendredi , il était là chaleureux et sympa ,comme d'hab, il m'a salué en souriant...
Et puis chacun a écrit... tous ceux qui voulaient.... ont écrit , dessiné, ce qui leur venait, ce qu'ils avaient envie , ce qui leur débordait du coeur.... Tout a été affiché sur un grand panneau dans le hall de l'école primaire où il était directeur...
"Tu es mon meilleur maître", "Tu étais rigolo", "Je t'aimais beaucoup, je suis triste",
un gros coeur tout rouge pleure des larmes bleues,......
Vendredi soir j'ai répondu à son salut depuis l'autre bout de la cour, je revois son sourire du moment...
Et puis .... En bas du panneau , un tout petit billet, écrit d'une main encore maladroite au feutre rose avec des coeurs et des fleurs partout autour:
"Surtout ,ne nous oublie pas...."
Vendredi soir, je le revois , cette image me hante, il souriait:" Salut! bon week-end!"
Allez....................................... Salut Maurice!............................................ Tu vas nous manquer....
dimanche 16 novembre 2008
Vues du ciel
-Aucune... mais , le pic des mouches ,ça ne te dit pas?
-Ouiiiiii! Nous ne l'avons encore jamais gravie par là.... ce sera une première... Et puis le temps est si clair et le soleil encore chaud...
-On annonçait mistral... mais non, il doit souffler ailleurs aujourd'hui, tant mieux... Alors, c'est parti...
Le temps de traverser le vignoble aixois tout doré et rouge et orangé qui brille dans son éclat d'automne et nous voilà au col des portes... La voiture est laissée à l'ombre d'un pin et au pied d'un poteau indiquant le but de la balade , le fameux pic des mouches , point culminant de la sainte Victoire (à 1100 m) à une heure de marche et 400m de dénivelé....
Le sentier serpente et grimpe plus ou moins , il fait frais quand on est à l'ombre mais j'ai chaud sous ma polaire. La végétation verte persistante de la colline a apparemment apprécié plus que nous les dix derniers jours pluvieux , une herbe vert printemps anachronique est ressortie d'entre les cailloux blancs des coteaux, seuls les érables champêtres qui poussent de-ci de-là ,nous éclaboussent de leurs couleurs d'ors flamboyants ...
Je grimpe face à la colline, et quand ma respiration se fait courte, je m'arrête , me retourne et goûte la vue qui en même temps qu'elle coupe le souffle , me le rend.... J'admire, et je me dis encore une fois que j'ai de la chance d'habiter ici.... C'est beau....
L'arrivée au sommet se fait, au dessus de 1000 m, dans un paysage quasi lunaire où l'on admire le mérite de chaque végétal qui pousse là , soumis au froid glacial de l'hiver, aux chaleurs infernales de l'été, au mistral , à la sécheresse , aux violents orages, au manque de terre.... et pourtant la végétation est là ,timide mais valeureuse et robuste, accrochée à la vie comme aux rochers, renfermant des trésors d'essences et de parfums qu'elle lâche encore sous ce beau soleil d'automne.
Du haut du pic des mouches ( pourquoi des mouches? je n'en sais rien) , il semble qu'on voit sur 360°, le monde entier...
La ligne blanche des Alpes qui découpe l'horizon, le Lubéron, le Ventoux semblent à portée de main. La mer est dans la brume, là-bas, derrière ma chère chaîne de l'Etoile...
Et puis en bas tout en bas, les villages, les domaines, les vignes et les routes du pays aixois forment un patchwork au douces couleurs mordorées.... On reste là, muets, impressionnés, inlassablement émerveillés par le spectacle de notre région vue du ciel ...
Seuls les deux moutons qui broutent au pied de la table d'orientation, comme si le syndicat d'initiative les avait posés là exprès, restent de marbre devant un tel point de vue.
Pour nous ,il est déjà temps de s'en retourner, et nous dégusterons encore ce panorama, en redescendant le chemin, le pied léger et la tête aérée , ramenant à la maison , sur fond de saine fatigue, des images de grands espaces dans nos yeux, des parfums de thym sur nos mains, et une poignée de petits gris ramassés sous les buissons dans notre sac.....
mardi 11 novembre 2008
11 novembre
Hier , j'étais au milieu de mes élèves et j'essayais de leur expliquer pourquoi nous n'irions pas à l'école le lendemain.
J'explique que le onze novembre est un jour férié, j'explique ce que veut dire férié en disant que c'est un jour où on ne va pas travailler parce qu'on fête et qu'on se souvient de quelque chose d'important. Forcément plusieurs petits doigts se lèvent et leurs propriétaires me demandent :
-Qu'est ce qu'on fête demain maîtresse?
Alors ,je leur dis qu'il y a presque 100 ans, notre pays était en guerre, et que cette guerre s'est terminée le 11 novembre et que depuis ,tous les ans , on fête la fin de cette guerre et le retour de la paix. ..
Et je sens comme un sentiment d'incrédulité et d'incompréhension sur les petits bancs autour de moi. Les enfants écarquillent de grands yeux et restent muets...
Je me dis et je pense sincèrement que pour eux , tout ça doit leur paraître dater de la préhistoire et m'attends presque à avoir une question sur les dinosaures à ce moment là... 100 ans ça parait le bout du monde pour un bouchon de 3 ou 4 ans.... (rendez vous compte, c'est le temps qu'a dormi la belle au bois dormant) ...
Mais non, sur le moment point de question.
Et puis , Juliette lève son petit doigt bien haut et me demande , ses grands yeux noirs écarquillés:
- C'est quoi la guerre , maîtresse?
A ce moment précis, je crois qu'une petite fleur a poussé dans mon coeur....
N'était ce pas beau? Malgré les images matraquées par la télé, malgré les films et dessins animés violents diffusés non stop sur les différentes chaînes, je croise une enfant qui ne sait pas ce que c'est que la guerre... quel privilège pour elle!... quel trésor possède t-elle ! ... Mais pour combien de temps encore?....
Je renvoie alors la question à toute la classe.
-C'est quoi la guerre? Est-ce que quelqu'un sait?
Raphaël répond bravement:
- C'est quand on se bat avec des épées!
Et Ryan dit :
- Quand c'est pour de faux c'est pas grave!
Je lance:
- Pour de faux? ça veut dire quoi?
-Ben, quand on joue , on se tue pas, on fait semblant d'être des morts...
Et je relance:
- Et pour de vrai alors? La guerre c'est comment?
Dylan répond:
- C'est quand on se tue pour de vrai, et alors après on est mort pour de vrai. Et alors on est plus jamais vivant..... Et alors quand la guerre , elle est finie ,ben, on a fini de mourir, alors on est content, et on fait la fête...
Petit Pierre rajoute:
-Et quand y'a plus la guerre ,c'est la paix....
Et Bastien, conclut de sa petite voix fluette:
- Et c'est pour ça qu'on va pas à l'école demain .
J'ai donné quelques explications supplémentaires... mais j'ai trouvé que pour des enfants de 4 ans, ils avaient bien cerné la question...
samedi 8 novembre 2008
A vos casseroles!
Le blog ,c'est magique... aujourd'hui je me sentirais presque l'âme d'un chef....
mardi 4 novembre 2008
tag musical
Le tag qui erre de ci de là sur le net, et que j'ai écouté chez Val, m'a séduite....
Voilà six chansons d'amour que j'aime, normalement il faut en choisir cinq....
Il fallait mettre ses préférées, je n'ai pas de préférées, la musique me parle et me renvoie à des moments de ma vie, celles-ci correspondent toutes à des émotions fortes qu'elles ont l'art de ranimer quand je les écoute.. Il y en a tellement d'autres que j'aime .. je ne peux pas toutes les mettre là....
dimanche 2 novembre 2008
Aliens
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Il y a quelques temps Mme Dekeravel nous présentait un alien très distingué, croisé par elle au cap Fréhel...
Alors, je voulais vous dire.... mais chuuut, je ne voudrais pas affoler les populations...
Je pense que c'est une invasion..... Pacifique et silencieuse bien sûr, mais une invasion tout de même.... Parce que.... J'ai rencontré deux de ses cousins (à l'alien de Mme Dek).... Si, si je vous assure .... et loin, très loin de la Bretagne..... Je les ai rencontrés en haut d'une montagne basque.... Une invasion nationale je vous dis..... j'en suis presque certaine....
Ils sont sympas me direz vous..... mais quand même c'est inquiétant... Ils ne disent rien , se nourrissent de rien, vous observent de loin, de leurs yeux écarquillés avec cet air étonné de vous voir là... Comme si c'était nous qui n'étions pas à notre place.
Tout le monde détourne le regard mais on sent bien qu'ils veulent qu'on les regarde bien droit dans les yeux........ J'ai essayé d'en inviter un à prendre un café, mais il n'a rien voulu savoir, et n'a pas bougé d'un pouce.
Ils m'ont laissée les prendre en photo, j'ai bien cru un moment qu'ils allaient me demander ma dernière pièce de 50 centimes , mais non....
Je vous les présente:
le premier, plutôt direct, mais n'a pas desserré les dents...
et Ginette,
La seconde plus timide, a piqué un fard et a baissé les yeux quand j'ai sorti mon appareil...
Regardez un peu autour de chez vous ou pendant vos vacances.... Je suis sûre que vous allez en croiser aussi....
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