Et bien moi , j’ai un auteur Bingo, je pense avoir lu au moins 90% de ce qu’il a publié et je peux dire que j’aime tout…. Que ce soient les nouvelles , les romans , la poésie , la littérature jeunesse, les essais, les textes courts… Je me retrouve complètement dans ce qu’il écrit…Il s’agit de Philippe Delerm… Je l’ai découvert il y a une dizaine d’années à travers la lecture de son premier livre connu « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules ». Ce livre est un recueil de textes décrivant les tout petits bonheurs de la vie… des petits instants du quotidien qu’on affectionne particulièrement… Delerm les décrit avec une exactitude et une sensibilité telle, que j’ai vraiment eu l’impression en le lisant qu’il avait lu dans mes pensées pour écrire… Je lis et je me dis, c’est exactement ça… il décrit les détails qui font le plaisir de l’instant, dans son éphémère et sa fragilité, dans tout ce qui nous touche, dans tout ce qui parle à nos sens… allez, va, je vous en sers un tit extrait :
Ce n'est pas vraiment une sortie, le cinéma. On est à peine avec les autres. Ce qui compte, c'est cette espèce de flottement ouaté que l'on éprouve en entrant dans la salle. Le film n'est pas commencé ; une lumière d'aquarium tamise les conversations feutrées. Tout est bombé, velouté, assourdi. La moquette sous les pieds, on dévale avec une fausse aisance vers un rang de fauteuils vide. On ne peut pas dire qu'on s'assoie, ni même qu'on se carre dans son siège. Il faut apprivoiser ce volume rebondi, mi-compact, mi-moelleux. On se love à petits coups voluptueux. En même temps, le parallélisme, l'orientation vers l'écran mêlent l'adhésion collective au plaisir égoïste.
Le partage s'arrête là, ou presque. Que saura-t-on de ce géant désinvolte qui lit encore son journal, trois rangs devant? [...]
L'obscurité se fait, l’autel s'allume. On va flotter, poisson de l'air, oiseau de l'eau. Le corps va s'engourdir, et l'on devient campagne anglaise, avenue de New York ou pluie de Brest. On est la vie, la mort, l'amour, la guerre, noyé dans l'entonnoir d'un pinceau de lumière où la poussière danse. Quand le mot fin s'inscrit, on reste prostré, en apnée. Puis la lumière insupportable se rallume. Il faut se déplier alors dans le coton, et s'ébrouer vers la sortie en somnambule. Surtout ne pas laisser tomber tout de suite les mots qui vont casser, juger, noter. Sur la moquette vertigineuse, attendre patiemment que le géant au journal soit passé devant. Cosmonaute pataud, garder quelques secondes cette étrange apesanteur.
Philippe DELERM, La première gorgée de bière, 1997
J’ai été conquise et j’ai petit à petit lu tout ce qu’il a écrit avant et tout ce qu’il a publié depuis. Et dans tous ses écrits , même s’il ne sont pas du même genre, s’il sont romans ou nouvelles, je retrouve cette sensibilité qui parle et qui colle à la mienne … Il est donc devenu mon auteur « bingo ».
Il a une tendresse particulière pour la nature, pour les pays scandinaves, pour leurs peintres tout comme moi. Je sens son univers proche du mien.
Et en plus, ce qui ne gâche rien au tableau, il est entouré de gens qui me touchent aussi :
Tout d’abord sa femme Martine Delerm , auteur- illustrateur de livres jeunesse et photographe (j’adore son « œil ») avec qui il a collaboré pour deux ouvrages « Fragiles » et « Paris l’instant » dans lesquels les textes de l’un répondent et se reflètent dans les illustrations de l’autre ( aquarelles ou photos)… une belle complicité. 
Et puis, tout le monde le connaît maintenant, son fiston, Vincent Delerm un auteur compositeur interprète de talent de cette nouvelle génération de chanteur à textes pour qui j’ai aussi une tendresse particulière … je l’ai vu en concert, c’était vraiment une super soirée…
Bref toute cette petite famille me plait bien, je ne peux que vous conseiller la lecture des uns et l’écoute de l’autre…
Le bonheur
Je ne suis pas funambule. J'avance pas à pas. Je ne sais rien des jours, je glisse sur un fil, au loin je ne vois pas. Si je regarde en bas c'est le vertige, je ne regarde pas. Je risque à chaque pas et j'avance, docile. A chaque risque le bonheur est là. J'avance vers moi; le bout du fil n'existe pas.
Philippe Delerm, Fragiles , 2001

10 commentaires:
C'est du sensible en barre ! Ben, ça ne m'étonne pas que ça résonne en toi.
Kiki :-)
kiki,en barre 100% cacao pur ;-)
"Je ne suis pas funambule. J'avance pas à pas. Je ne sais rien des jours, je glisse sur un fil, au loin je ne vois pas. Si je regarde en bas c'est le vertige, je ne regarde pas. Je risque à chaque pas et j'avance, docile. A chaque risque le bonheur est là. J'avance vers moi; le bout du fil n'existe pas."
Dieu que c'est beau...
Tu joues aux 7 familles alors ?... ;-)
Mais on dirait que cette famille là c'est la famille "plume dorée".
Le père oui un peu ! mais le fils...pouaaah non ! Je n'aime pas du tout sa voix !
melle bille, et y'en a plein des comme ça....
mme dek...peux pas il manque la grand mère , la grand père et la fille...
bellesahi, chez lui ce n'est pas sa voix son plus grand atout..mais il a tellement d'autres cotés interessants... et puis même ça fait partie de son charme je trouve...
Entièrement d'accord avec Bellesahi ! Je lirai peut-être le père un jour, mais j'ai la rancune tenace envers le fils ^^ Je considère qu'il y a eu tromperie sur la marchandise : je l'ai entendu pour la première fois lors de victoires de la musique (ça remonte à... pfff... loin), ce devait être la chanson "tes parents", que j'avais adoré ; mais en achetant le disque, j'ai très vite compris que (pardonne moi mais je le pense vraiment) ce gars ne savais pas chanter...
Je ne demande pas à un chanteur d'avoir une vois de ténor, et honnêtement je m'en fous, ce sont bien souvent les textes qui m'intéressent, plus que la musique. Mais là !!! Vraiment j'ai pas pu ! Je n'ai plus jamais ré-écouté cette voix de casserole...
Bon, tu te fâches pas hein ? ^^
Pour me faire pardonner,je te promets de lire aussi vite que je le pourrai au moins un livre du papa ;-)
c'est vrai il a une voix bizarre , comme gainsbourg avait une voix bizarre, comme Renaud a une voix bizarre maintenant...mais l'important chez un chanteur est ce qu'il dégage...et là... faut aller voir les artistes en concert... et lui en particulier... Bon et puis aprés c'est une histoire de sensibilité et de gout... Tu parles de textes... alors ecoute ceux de Vincent Delerm ou lis les si ça t'est vraiment pas supportable :-D .. Il me semble que c'est plutot interessant, mais je ne suis pas assez litteraire peut être pour juger...
Bonjour,
Moi je suis de votre avis, Tilu... Renaud le dit lui même, il a la voix "pourrie"... Goldman n'est pas un ténor non plus... ben comme eux, Delerm, moi je l'aime bien! Sa voix bizarre lui donne un charme fou... la plume est belle, elle parle au coeur.
Quand je serai venue à bout des bouquins encore jamais ouverts, j'essayerai le père...
Val
bienvenue chez moi Val, Je pense que vous aimerez les chroniques du père... lui ,il parle aux sens...
Merci d'être passée..
Enregistrer un commentaire