mercredi 21 novembre 2007

Souvenir au chocolat

Froid piquant ,course folle, jeu dans la neige, cris d'enfants, doigts gelés , petites glissades sur la route, émotions..... Quand je suis rentrée chez moi ce soir là, mes premières envies après avoir ôté chaussures et chaussettes trempées, ont été : Un bon feu et un chocolat chaud.

La flambée fut la première en route. C'est une règle dans la maison et un réflexe, le premier de la famille qui rentre au nid le soir, allume la cheminée.
Ce soir là, c'était moi, la neige ayant retardé le reste de la maisonnée .
Une fois le feu crépitant, j'ai attrapé le plus grand mug existant dans mes placards et me suis préparée ma deuxième envie du moment...



Ce fut un chocolat tout simple, un chocolat express (deux cuillères de Nesqui*k dans une grande tasse de lait brûlant) mais il y avait longtemps que je n'en avais pas bu (plus ça va et plus on restreint le plus possible le trop sucré et le trop gras) et j'en avais tellement envie qu' il m'a semblé être la boisson la plus parfaite et la plus délicieuse qu'il existe.



Je me suis installée juste devant le feu, tout près, sur un petit tabouret bas qui traîne au salon. J'ai pris mon mug à deux mains, négligeant la anse qui me séparait de la chaleur bienfaitrice qui irradiait en moi au travers de mes doigts, mes mains jusque dans mon tit coeur. Je sentais doucement revenir mes orteils, mes oreilles, et le bout de mes doigts...


La bouche au bord de la tasse mais interdite de boire sous peine de brûlure, les yeux rivés dans le feu, j'étais là ,le nez plongé dans les effluves cacaotées, les yeux embués par les vapeurs du lait chaud et perdus dans les lueurs joyeuses et chantantes du feu de bois... Et mon esprit s'est envolé... Il a remonté le temps et s'est retrouvé autour d'une table de cuisine où quatre frères et soeurs étaient en train de déguster avec délices, un de ces goûters spéciaux qu'avait préparé leur maman... Ils sirotaient à petites gorgées une boisson au chocolat brûlante dont elle avait le secret.....
Mais attention, ça n'était pas n'importe laquelle... C'était "la Bavaroise de Maman".
Pas de chocolat instantané, non, du vrai cacao ,pur, amer, délayé lentement dans une casserole avec du lait chaud et du sucre. Une grosse casserole (forcément ,nous étions 4) dans laquelle, tout à la fin de la préparation , juste avant de servir, elle versait une cuillère de Kirsch...
Une fois l'alcool évaporé, l'odeur et le goût de cerise,de noyau de cerise plus exactement, mêlé à celui du cacao était quelque chose de magique pour moi. L'onctuosité du breuvage et ce goût si particulier sont associés à la douceur et au plaisir du moment.
C'est un souvenir précieux, un moment fort, et chéri de nous quatre. La "Bavaroise de Maman" c'est quelque chose.
Elle nous la proposait en fin d'après -midi, souvent accompagné d'un morceau de cake , parce qu'elle sentait bien qu'on en avait tous besoin : Qui s'apprêtait à repartir pour une semaine de cours loin de la maison; qui venait de traverser Marseille en mobylette dans le mistral; qui avait passé l'après midi à travailler sur ses cours, enfermé dans sa chambre; qui revenait de courir la colline , les joues roses et glacées.
Mamatilu savait (et sait toujours d'ailleurs), proposer sa bavaroise quand il faut, au moment pile où on en a le plus envie...
J'essaie de temps en temps de préparer moi aussi une "Bavaroise de Maman" pour ma tite famille à moi.. Elle est même appréciée...
Mais moi seule, sait qu'elle n'a et n'aura jamais LE goût.. Ce goût si particulier de celle de Mamatilu...

18 commentaires:

val a dit…

Il est beau ton texte. Il donnerait presque envie d'un chocolat chaud.

Mais...qu'est ce que vous avez tous avec le chocolat chaud, en ce moment? C'est l'hiver qui vous fait ça?

C'est étrange comme coïncidence, en effet.

Bisous

tilu a dit…

Val... Noël qui approche sans doute..

teberli a dit…

Fais bon, par ici ...
Quelques instants de maison vide,
Le feu de cheminée (mon rêve quand j'aurai des sous...)
Le bol de chocolat, moi, c'est quand je n'ai pas le moral ... (sinon, j'y ai pas droit .;-(( )
Bonne journée

tilu a dit…

Teb, je t'en prie fais comme chez toi... une tite place près du feu?

Kloelle a dit…

Une bonne grosse tasse de chocolat chaud...ça m'arrive aussi....c'est drôlement réconfortant un peu comme les bras d'une maman.
Elle fait envie ta petite famille..;comme j'aimerai avoir cette sorte de souvenirs.

J'aime beaucoup émilie Loizeau, j'ai son disque. Il est plein de jolies surprises.

Papistache a dit…

Une terrible énigme persiste.

Comment Tilu opère-t-elle pour obtenir du lait brûlant ?

Elle ne dit rien de son procédé.

Qu'est-ce que cela cache ?

Sorcellerie ?
Intervention divine ?
Disponibilité de la domesticité ?

tilu a dit…

J'en ai plein des comme ça ,Kloelle, je t'en donnerais bien si je pouvais...c'est vrai qu'elle est chouette ma tite famille ,toujours aujourd'hui...

Alors Papistache,pas de mystère, je vous explique, pour faire du lait brûlant:
1°, vous ouvrez une brique de lait ou alors vous allez traire la vache qui est à l'étable (Moi j'ai opté pour la première solution, parce que j'ai déjà un chat et que j'ai peur qu'il ne s'entende pas trop avec la vache)
2° ,vous versez la quantité de lait voulue dans une casserole , ou une marmite si vous avez vraiment une grosse envie de chocolat chaud...
3° phase la plus délicate, vous trouvez dans la maison une allumette ou un briquet (C'est trés compliqué même si vous avez un conjoint fumeur ,ce qui est mon cas, parce qu'il embarque systématiquement la boite d'allumettes qui se trouve prés de la gazinière).... Si vous ne trouvez pas , vous pouvez utiliser deux silex, mais c'est aussi très compliqué à trouver et beaucoup moins efficace.
4° Vous allumez le gaz... ça a l'air facile maintenant que vous avez trouvé les allumettes hein?
5° Vous posez délicatement la casserole sur le feu et vous attendez.... un certain temps ... surtout en ne quittant pas le lait des yeux , des fois qu'il aurait envie d'aller faire un tour en dehors de la casserole... ça arrive des fois , surtout quand le téléphone s'est mis à sonner au début de la phase n°5, et que bêtement on est allé répondre...
6°, Au moment ou vous sentez frémir le lait dans la casserole , si par bonheur vous êtes encore à ses côtés, vous pouvez éteindre le gaz.
Voilà, vous avez obtenu du lait brûlant.....
Une autre question?... surtout n'hésitez pas..

Papistache a dit…

Evidemment, si vous utilisez les moyens de madame tout-le-monde, c'est facile !

Personnellement, je n'y aurais pas songé !

tilu a dit…

papistache, ça ne m'étonne pas de vous... ;-)..

Ondine a dit…

Un chocolat chaud, une histoire tendre racontée dans le creux de l'oreille, la neige qu'on contemple par la fenêtre, une flambée... parfois, le bonheur, c'est tout simple!

Seb a dit…

C'est beau ces moments d'aujourd'hui qui sont des échos des petits bonheurs passés. Surtout si les petits bonheur se renouvellent encore dans le présent.
Pour moi, pas de chocolat, mais, chaque soir, le feu qui chante et danse et parfume la maison.

tilu a dit…

Ondine , j'en suis persuadée que le bonheur n'est fait que de choses toutes simples...
Seb, le feu de cheminée...C'est ma chaine préférée.. :-D

Seb a dit…

Moi, le feu de cheminée, c'est la seule chaîne que je regarde (Même si un autre écran monopolise souvent mon attention : celui du PC sur lequel j'écris. Mais fermons cette parenthèse qui manque singulièrement de poésie !)

tidoigts a dit…

la langue de l'enfance, c'est la plus belle...surtout si elle est pleine de chocolat chaud!
miame ;-)
bisous, bon week!

Posuto a dit…

Il est vachement émouvant ton texte, Tilu. Les goûts d'aliments que l'on cherche, que l'on retrouve parfois, mais jamais tout à fait, parce qu'il manque l'ambiance autour, les gens d'alors, eux aussi donnaient du goût. Ben je suis toute émue là du coup.
Je t'embrasse bien fort, par dessus tes moustaches de lait chocolaté !
Kiki :-)

tilu a dit…

Bon week Tidoigts!
Merci Kiki.... T'en veux une tasse?

Michel Fournier a dit…

hmm...J'en dégusterais une tasse là maintenant, tout de suite!

tilu a dit…

Michel, faute de petit crème sur le zinc parisien... ;-)