lundi 17 septembre 2007

balade en vert et bleu

-Pense à prendre ton maillot!
- Non, je ne me baignerai pas ... Je me connais... Je t'attendrai en faisant de la photo quand tu te baigneras , toi.
-T'es sûre?
- Sûre et certaine.
- Tu pars en jean? tu vas avoir chaud...
- Tu crois? , je suis bien dans çui-là... et puis il fait pas si chaud que ça...

Bon...


Nous voilà partis,
3/4 d'heure de voiture et nous sommes à La Madrague, point de départ de notre balade du jour vers Port D'Alon par l'ancien sentier des douaniers.
Ce petit chemin longe la mer, de criques en hauts de falaises, et de petites calanques en sous bois de pinède.
Sac à dos , chaussures de marche, lunettes de soleil, réserve d'eau, jumelles, appareil photo, maillot de Julatilu et serviette de bain... tout est là, on peut y aller...
La balade prévue n'est pas tellement longue ( 8km en tout aller-retour).
Le sentier s'engage à l'extrémité du port de La madrague des Lecques, vers l'est.


Aprés avoir fait quelques centaines de mètres au niveau de la mer entre les rochers, le chemin commence à monter doucement au dessus de la mer, nous sommes encore à l'ombre, le soleil n'étant pas assez haut pour l'instant, mais on sent déjà une douce chaleur qui monte de la terre.



On est à l'abri du vent , il n'y en a guère d'ailleurs aujourd'hui... Nous montons toujours doucement jusqu'à la pointe "Grenier "où on peut encore observer les restes d'une ancienne mine de gypse. Nous sommes sous les pins, de grands pins parasols , déguingandés qui ont poussé droit et serrés.


Sur notre droite le spectacle est magnifique, la lumière du soleil de septembre fait ressortir la blancheur des rochers de calcaire sur le fond bleu de la mer...
L'air de plus en plus chaud transporte des odeurs de résine et d'iode mélangées, quelques rares cigales obstinées jouent les prolongations...


Aprés la mine, le sentier tout d'un coup s'escarpe vers les hauteurs du relief qui grimpe au-dessus de la mer. Quelques marches ont été aménagées de-ci de-là pour aider la progression des randonneurs mais la plupart du temps nos pieds cherchent les aspérités,racines affleurant le sol ou pierraille saillante et pas trop lissée par les passages répétés,pour pouvoir se hisser sans glisser.





La lumière s'accroche dans la poussière du sentier qui témoigne de la sécheresse de la terre. Le soleil est plus haut maintenant et la chaleur a alourdi l'air.
Mon t-shirt et mon jean me colle à la peau (pourquoi n'ai je pas mis un short comme on me l'avait conseillé...). Je suis perlée de sueur et le sentier grimpe toujours.
Encore quelques mètres... et ça y est, je suis au sommet, le souffle court mais les yeux éberlués par la splendeur du point de vue.
Je m'appuie un moment à une branche que me tend l'arbre le plus proche.
De ce côté-ci , le vent a sculpté la végétation qui se plie à ses caprices. Le soleil joue avec les verts lumineux des pinsparasols et le brun sombre de leurs troncs torturés et tortueux.
La brise de la mer fait remonter vers moi un peu de la fraîcheur de l'eau. En contrebas, au pied de l'à-pic, La lumière perce les eaux limpides émeraude et turquoise jusqu'à nous dévoiler le dessin des fonds rocheux ou sableux... La beauté coupe le souffle bien plus que l'effort accompli et déjà oublié pour grimper jusqu'ici.




A perte de vue, la mer étale son bleu profond. Au loin, à l'horizon , la falaise du "Bec de l'aigle" découpe l'horizon. Quelques sillages de bateaux strient d'écume cette grande nappe d'azur.


Nous descendons maintenant vers la calanque de Port d'Alon, la pente d'abord assez raide s'adoucit à l'abord de la crique. La pinède est basse à cet endroit et forme de temps en temps comme un tunnel autour du chemin.


A part les pins, la végétation est rare dans ce sol rocailleux , pauvre et salé qui n'a plus vu la pluie depuis la fin du mois de juin. Les quelques plantes de garrigue qui sont encore vertes crient la soif. Seule la salsepareille déclare son amour à cette terre exsangue en la couvrant d'un tapis de ses feuilles en forme de coeur.






Nous arrivons au bord de l'eau, sur une plage de galets multicolores au fond d'une petite crique rocheuse, ce n'est pas encore la calanque de Port d'Alon , mais nous préférons faire halte ici.



Julatilu enfile son maillot et plonge avec délectation dans l'eau limpide et fraîche à souhait... Je le regarde nager... et je me dis que je suis bien bête de ne pas avoir pris mon maillot en fin de compte.... Si nous avions été seuls , j'aurais tout enlevé et j'y serais allée, mais sur les galets de petits groupes dispersés prennent le soleil ... Alors je reste sur le bord et je regrette,
l'eau est si claire et si bonne... et j'ai si chaud dans mon jean...




Julatilu insiste: "allez, viens, tu t'en fous des autres, viens..."







Non ,je n'y arrive pas... pudeur, pudeur.....





Aprés une petite demie-heure au bord de l'eau, il est temps de rebrousser chemin. Nous reprenons notre route en sens inverse, avec la ferme intention de nous offrir une bonne glace à l'arrivée . La chaleur n'a fait que s'amplifier depuis notre départ mais la brise s'est levée et climatise notre fin de balade.


De retour, nous longeons la plage des "Lecques" où les touristes se sont fait rares mais où les indigènes se pressent en nombre pour profiter de ce beau dimanche de septembre.

Julatilu me laisse quelques instants appuyée à la rambarde qui surplombe la plage tandis qu'il va chercher au distributeur un peu de monnaie pour notre glace tant désirée.
J'en profite pour observer les gens sur la plage et dans l'eau.... L'eau a vraiment l'air excellente... que je suis bête, vraiment, d'avoir laissé mon maillot à la maison... pour ce que ça encombre dans un sac à dos!... tant pis... la prochaine fois j'essaierai d'être moins nouille...


Julatilu tarde un peu mais le spectacle est distrayant... Ah, le voilà qui revient ,un petit sourire aux lèvres... Est-ce la perspective de la glace qui le rend si joyeux...
Il s'approche et de derrière son dos sort sa main qui était cachée et me tend... un maillot de bain, tout neuf, qu'il a dégoté dans une boutique du port, en me disant:

"Tu ne pouvais pas rater ce bain... Celui là, c'est un bain qui compte... C'est sans doute ton dernier de la saison, le dernier avant l'année prochaine..."
Autant dire que ça m'a fait super plaisir... aprés avoir sauté au cou de Julatilu , j'ai sauté dans mon maillot tout neuf et nous sommes allés prendre un bain... le bain qui compte... Un régal...


La sortie du jour s'est terminée par la dégustation de la glace tant désirée (nous avons notre artisan glacier préféré sur le port des Lecques que nous ne manquons jamais de visiter à chaque fois que nous venons là).

Deux parfums pour moi dans un grand cornet, Miel/pignon et..... Chocolat bien sûr...

Un tour du port pour regarder les bateaux et finir de déguster tranquillement ces délices fondantes. Nous avons même poussé jusqu'au bout de la digue ... puis on est rentré , la peau tiraillée par l'iode et le vent, les cheveux en bataille chargés de sel , les pieds ensablés et les yeux encore éblouis de toutes les merveilles du jour.....

Une trés belle journée ... septembre sauve l'honneur de l'été jusqu'à la date fatidique du 23 où l'on glissera dans l'automne..... encore une saison que j'aime bien....


16 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est un trés beau billet...
Mince, dimanche j'aurai du le prendre, ce dernier bain!
Arf!
Tant pis!
Il est gentil comme tout Julatilu, dis donc!

Tes photos sont magnifiques. J'ai vraiment hâte de découvrir ton coin.

Bisous Tilu :D

Anonyme a dit…

oui, tu as bien fait de le prendre ce dernier bain-là! super beau coin... et julatilu est un amour, définitivement.
j'aurais aimé profiter de cette belle journée à marseille, mais bon, paris est belle aussi sous le soleil...

Anonyme a dit…

Dimanche j'étais à Cassis....et j'ai des photos jumelles...parfaitement jumelles.
Nous nous serions cru en vacances...la date choisie par mes amies pour cette petite rencontre était parfaite.

Anonyme a dit…

val, oui, je crois que le temps va tourner maintenant...
Tidoigts, oui, c'est autre chose...

Anonyme a dit…

Kloelle , la difference est que l'eau est souvent froide à Cassis ;-).. c'est juste là derrière le Bec de l'aigle!..

Anonyme a dit…

Tu as très bien fait. Les photos sont géniales. Si on ferme les yeux très fort en les regardant, on pourrait y être ? (c'est n'importe quoi ce que je raconte, fermer les yeux en regardant). Enfin, il ne reste plus qu'à trouver la formule magique pour être instantanément transporté dans tes photos ! (succès garanti)
Kiki :-)

Anonyme a dit…

Kiki, tu viens voir en vrai quand tu veux...tu as le gite et le couvert...

Anonyme a dit…

Ralala ça fait enviiiiie ! ! !
l'odeur de la mer, l'ombre des pins, le jules si gentil ! ;-)
Et un bain qui compte c'est mieux qu'un mot qui compte ...
(ma fille deuxième a déjà une heure de colle, ça commence fort la rentrée !)

Anonyme a dit…

mme dek.... faut bien faire travailler les pions le mercredi aprés midi.... sinon ils vont supprimer des postes encore!!!
alors c'est gentil à ta fille de se dévouer ;-)

Anonyme a dit…

Que de belles photos. Je reviens de chez Kloelle, même ambiance. Ah la mer !

Anonyme a dit…

Les hordes de touristes sont parties.
Ne restent plus que les autochtones.

Je me demandais : quand vous êtes entre vous, à la plage, est-ce que vous marchez aussi sur l'eau ?

Parce que tant de chance, quand même, c'est au-dessus de l'humain !

Anonyme a dit…

Vous avez raison, Papistache, tout en restant trés terre à terre c'est ce que nous nous disions avec julatilu ce dimanche, on a une chance terrible...
Bellesahi, Kloelle était à quelques kms de moi un peu plus à l'ouest ,ce dimanche...

Anonyme a dit…

C'est vrai que c'est super beau, depuis que la mer s'est retirée de franche Comté y'a Trouze zilliards d'années, elle nous manque.

Anonyme a dit…

bon, RV je te redis pas ce que j'ai dit à Kiki, mais si , je te le redis...

Anonyme a dit…

Quel bel automne avec ces limaçons créatifs et ces photos qui font rêver!

Anonyme a dit…

et il ne fait que commencer, Chantal!